e-critures.org
22.10.04
  J'ai, j'espère, je crois
J'ai un ordinateur avec beaucoup d'espace disque - trop peut-être vu que j'ai abandonné ma pratique sauvage, inconséquente, irresponsable de pirate informatique avide de P2P - adieu utopies du partage, bonjour réalités du marché. J'espère qu'il va durer longtemps sans tomber en panne, dans un arrêt du coeur inexpliqué - tous ces beaux fichiers sons.mp3, ces films.divx qui seraient alors perdus... ah oui, je les ai plus puisque j'ai arrêté. Je crois que ca va aller, au moins aussi longtemps que le précédent, au moins jusqu'à la saisie de mon disque dur, lors un contrôle de routine, par la police des octets sur l'autoroute de l'information.

J'ai un lecteur Syquest et ses huit cartouches, un lecteur Jazz et ses quatre cartouches inutiles puisqu'il n'a jamais fonctionné correctement y compris pendant la garantie - de quoi de rien puisqu'il n'a jamais marché le bougre. J'espère que j'arriverai à le donner à quelqu'un qui en fera quelque chose de plus intéressant que ce pourquoi il était destiné puisqu'il n'a jamais servi à quoi il l'était... destiné. Je crois que ces trucs là sont trop fragiles, trop chers, trop inutiles, on devrait tout garder en bio-mémoire - là, derrière l'oreille - histoire de pouvoir en oublier un peu chaque jour.

J'ai un chien blanc et noir adorable un peu comme celui de la publicité Pathé Marconi, mais en beaucoup plus chouette bien sûr - il a compris lui qu'il valait mieux se tenir à l'écoute de son public et pas confondre répression aveugle et pédagogie concertée. J'espère qu'il va vivre vieux et qu'il apprendra à ronronner avant de mourir, déjà qu'il chante... Je crois qu'il a beaucoup d'enthousiasme, et peut-être aussi d'amour pour nous, tellement que ça me fatigue, toute cette énergie qu'il puise dans ses croquettes - et dans nos caresses ?

J'ai des idées noires autant que blanches, rouges, jaune, orange et bleues, des pensées sauvages dans lesquelles je me roule et me love - oulala ! -, d'autres domestiques, asservies et soumises - beurk ! J'espère avoir toujours deux trois pensées hors normes, hors temps, hors tout, encombrantes et inadaptées à quoi que ce soit, incapables de rien sauf à être des emmerdeuses qui ne font rien qu'enrayer tout ce qui est automatique, lisse et convenu. Je crois qu'avoir des pensées est sain, dans un corps social bien sûr, elles n'en seront que plus saines, les pensées, du social-body, enfin vous voyez quoi.

The Great Nebula in Orion Credit & Copyright: Stefan Seip - NASA 2004
The Great Nebula in Orion Credit & Copyright: Stefan Seip - NASA 2004

J'ai en tête des images d'espace, de constellations, de galaxies, d'étoiles, de super-amas, de naines blanches, de trous noirs, d'astéroïdes, de planètes, de météorites, bref une vraie obsession. J'espère un jour pouvoir y retourner d'une façon ou d'une autre, on y entend dit-on la musique brownienne du monde ancien qui chante. Je crois que les paroles sont de Rimbaud.

J'ai un peu froid astheure.
J'espère que vous non ?
Je crois que maintenant je vais y aller.

L.D.A
 
21.10.04
  Et pourquoi pas ?
Avez-vous remarqué ? Hier j'ai dit "productions" et non "créations", mot que j'avais choisi dans un premier temps. Je veux parler de ce que les uns et les autres on e-crit, de nos côtés singuliers, en apparté, dans nos sites. C'est la lecture de Nicolas Bourriaud, "PostProduction" [ Presses du Réel, 2003 ] qui m'a alerté ; et dans lequel il analyse les pratiques de l'art contemporain.

Postproduction- Nicolas Bourriaud

Le terme de création nous amène à penser qu'il s'agit d'un surgissement artistique ex-nihilo, né de rien, issu du néant. Ce qui est bien sûr une vision romantique, tellement qu'elle en paraît aujourd'hui presque rétro. L'héritage est lourd, si lourd, quel qu'il soit. Les artistes aujourd'hui expérimentent selon lui dans un univers de postproduction, je dirai pour ma part, dans une constellation de signes déjà produits. Il cite en exemple les pratiques de musiques électroniques. L'exemple est imparable, c'était déjà celui choisi par Pierre Lévy pour parler des pratiques constituantes de l'intelligence collective...

Nous serions donc en toute logique des assembleurs de signes, des recycleurs de songs, des bricoleurs de blogs, des agenceurs de bribes, des connecteurs d'images. Ce qui nous caractérise serait donc plus une attitude post-moderniste - mais pas encore post-productiviste - de voyageurs dans les signes de notre culture. Nicolas Bourriaud lui, parle de "sémionaute". Joli terme, et fort à propos, pour parler des genres de "voyageurs du/des sens" que nous sommes devenus. Voilà que je remets une couche de sensorialité...
Et pourquoi pas ? Qui a dit que l'art, dans son élaboration ou dans sa gustation n'était qu'une affaire intellectuelle ?

L.D.A
 
20.10.04
  bonne nuit
 
  depuis ma fenetre...
Donc voilà. C'est donc ça un blog ? L'endroit où l'on peut écrire au jour le jour dans une fenêtre. Avez-vous une belle vue d'ici ? Que peut-on y écrire ? Sachant qu'on va être lu (ne riez pas c'est pas si évident), et qu'il ne s'agit pas vraiment d'un "fil de discussion" comme dans le forum ou dans la mailing-list...

Que peut-on y écrire qui ne soit pas le ressassement de sa petite histoire personnelle - comme aimait à le dire Gilles Deleuze - mais la déborde d'un peu partout pour rejoindre quelqu'un - ou quelque chose ?

Que peut-on y écrire qui soit comme un temps de parole donnée alternativement à chacun des acteurs du collectif : Gérard, les Xavier(s), Frédéric, Annie, JiF, Patrick-Henri, Jean-Pierre, Evelyne, Serge, Lucie, BlueScreen, Annick, les Philippe(s) et les autres. Ah j'en oublie, parmi les réguliers-actifs, et puis d'autres, je ne les connais pas, parmi le silencieux, parmi les curieux, parmi les observateurs. Un lieu où l'on devient - pour un temps - le chroniqueur improvisé de ces e-critures qui nous agitent.

Nous agitent aussi par ces temps chahutés, d'autres questions, qui participent des nôtres, dans lesquelles nos productions sont enchevêtrées, parfois emmêlées. Telle la loi "pour la confiance dans l'économie numérique", passée dans sa phase "application" et parue au J.O n° 143 du 22 juin 2004 page 11168.

Le texte fait tout de même 22 page et vaut une lecture attentive. Si tout n'est pas immédiatement compréhensible - le jargon législatif... - on y trouve un ton. Celui du "législateur". Le filet se resserre.

Avez-vous vu comme on accepte peu à peu l'inacceptable ? Comme on courbe la nuque devant le contrôle généralisé ? Sentez-vous celà jusque dans vos e-critures ? Dans vos os ?

L.D.A
 
19.10.04
  Tuesday October 19 1:06:14 e-critures.org BLOG
Voilà. Est-ce fait?
 
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